Le 10 avril, une proposition de loi sera examinée à l’Assemblée nationale pour autoriser le travail le 1er mai.
À quelques jours de cet examen, l’Union Départementale CGT de la Savoie a adressé une lettre ouverte aux député·es du département pour leur demander de s’opposer à ce texte.
Dans ce courrier, la CGT alerte sur une remise en cause directe d’un acquis social fondamental. Seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré, le 1er mai est une conquête historique du monde du travail. Sa banalisation constituerait une rupture dans le droit du travail et ouvrirait la voie à un élargissement progressif des dérogations.
La proposition de loi, présentée notamment au nom de certaines activités commerciales, vise en réalité à étendre ces dérogations à de nombreux secteurs. Artisanat alimentaire, commerce de détail, grandes surfaces ou établissements culturels seraient concernés. Une évolution qui profiterait d’abord aux grandes enseignes, au détriment des salarié·es et des commerces de proximité.
Les arguments avancés ne tiennent pas. Travailler le 1er mai ne représente pas une opportunité pour les salarié·es, qui sont déjà rémunérés ce jour-là sans travailler. La question du volontariat est elle aussi trompeuse. Dans une relation de travail marquée par le lien de subordination, il ne garantit pas une réelle liberté de choix.
Ce type de dérogations a déjà montré ses effets. Comme pour le travail du dimanche, elles finissent par se généraliser et par faire reculer les protections existantes.
Au-delà de cette proposition de loi, c’est une nouvelle étape dans la remise en cause des droits sociaux qui se joue.
La CGT Savoie indique qu’elle sera attentive au vote des parlementaires et rendra publiques leurs positions. Elle appelle à une mobilisation large dans les jours à venir et à l’occasion du 1er mai.
Salarié·es, retraité·es, jeunes, chacun peut agir. Interpeller les député·es, notamment via AlloParlement.fr, diffuser l’information, échanger dans les entreprises et les services.
Le 1er mai n’est pas un jour comme les autres. Le défendre, c’est défendre une histoire, des droits et un principe simple, le travail ne doit pas tout envahir.