DS Smith La Rochette : un comité de suivi qui confirme l’urgence d’un changement de méthode

Un comité de suivi territorial s’est tenu le vendredi 19 décembre 2025 à l’initiative de la préfète de la Savoie, dans le cadre du projet de fermeture du site DS Smith La Rochette, à la demande du ministre de l’Industrie. Cette réunion faisait suite à la rencontre organisée à Bercy avec les élu·es et les organisations syndicales .

La CGT Savoie était présente aux côtés des représentant·es CGT du site, de la fédération FILPAC et des structures concernées. Étaient également réunis les représentant·es de l’État, des collectivités locales, les parlementaires du territoire, l’Agence économique régionale, la direction du site, la direction France de DS Smith ainsi que le cabinet Alixio.

En ouverture de séance, la préfète a rappelé clairement que l’objectif de ce comité de suivi est d’étudier les perspectives de reprise du site, et non d’entériner une fermeture déjà actée. Elle a également précisé que la négociation du plan de sauvegarde de l’emploi relève exclusivement des représentant·es du personnel, sous le contrôle de la DDETSPP.

Dès les premières prises de parole du groupe DS Smith et de ses conseils, la CGT a cependant constaté une volonté manifeste de détourner le débat. Les échanges ont été largement monopolisés par des considérations générales sur la filière papier-carton, repoussant volontairement l’examen concret de la situation industrielle et territoriale du site de La Rochette. Cette approche vise à installer l’idée qu’aucune reprise ne serait possible, indépendamment des réalités locales.

La présentation du cabinet Alixio, mandaté par DS Smith, a particulièrement suscité l’indignation. La CGT dénonce une intervention confuse, incohérente et dénuée de crédibilité, fondée sur des données chiffrées erronées et une présentation trompeuse des investissements réalisés. Les 13 millions d’euros avancés comme investissements correspondent en réalité à de simples frais d’entretien, indispensables au maintien minimal de l’outil de production, mais abusivement présentés comme des choix industriels structurants .

Tout au long de la réunion, les responsabilités ont été volontairement diluées. La direction locale s’est présentée comme dépourvue de marges de décision, tandis que le siège affirmait ne pas être en capacité d’arbitrer. Cette confusion organisée fausse la loyauté des échanges et interroge sur la sincérité du processus engagé.

Pour la CGT, cette séquence confirme une stratégie assumée du groupe DS Smith visant à ne pas faciliter une reprise du site, qui créerait une concurrence potentielle sur un marché où le groupe occupe une position dominante. Le refus de transmettre la liste des repreneurs contactés, ainsi que l’utilisation de données orientées ou erronées auprès de certains d’entre eux, constituent un manque flagrant de sérieux.

Si ce comité de suivi a permis d’obtenir une prolongation de la période de négociation jusqu’à fin juillet 2026, la CGT est claire : ce délai supplémentaire n’aura de sens que s’il s’accompagne d’un changement radical de méthode. La poursuite des travaux ne peut se faire ni dans l’opacité, ni dans une stratégie d’épuisement des représentant·es du personnel, ni dans une lenteur organisée visant à entériner une décision déjà prise.

La CGT continuera de se battre, aux côtés des salarié·es de DS Smith La Rochette, pour que toutes les alternatives à la fermeture soient réellement et loyalement examinées, et pour que l’État assume pleinement ses responsabilités face à un groupe multinational qui organise l’échec des discussions tout en prétendant respecter le dialogue social. Une nouvelle réunion du comité de suivi est d’ores et déjà prévue fin janvier.

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